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16.09.2007

Rencontre.

1c6c93e9bcef2327b0eba164ad6f4bc3.gifJ'ai rencontré N. durant les vacances, lors de la pendaison de crémaillère d'une amie de ma soeur. Comme moi, sortant d'une histoire un peu compliquée et souhaitant prendre une pause, s'accorder le temps du deuil et de la réflexion avant d'envisager une nouvelle relation. Nous nous sommes revus plusieurs fois dans une atmosphère tout à fait platonique, dans cet étrange mélange de complicité amicale dénuée de tout intérêt sexuel qui caractérise parfois mes rapports avec certains hommes.

Rires, confidences, sans que rien ne se passe pendant plusieurs jours. Sans que ni l'un, ni l'autre n'en ayons envie, d'ailleurs.

Jusqu'à ce soir, où nous avons comme d'habitude discuté de choses tantôt futiles, tantôt intimes autour d'un repas et d'une bonne bouteille de vin. Je ne sais pas très bien comment les choses sont arrivées ensuite. N. était à moitié affalé sur le canapé en tissu vert un peu élimé qui trône dans un coin de son salon, son verre de Bourgogne à la main.

Sans trop savoir pourquoi, je me suis allongée contre lui et ai posé la tête sur son épaule; Il n'y avait rien de vraiment érotique dans cette situation, j'avais simplement envie d'être proche de lui. Il n'a fait aucun geste, ni pour me repousser ni pour m'attirer à lui. Il a simplement passé un bras autour de mon épaule, pour que je puisse y reposer ma nuque. Ni lui ni moi ne disions rien. L'étrangeté de ce silence et de cette immobilité a duré plusieurs minutes.

J'ai subitement eu envie de le caresser. Bizarrement, ce désir était comme détaché de mes propres émotions physiques, c'était une notion, une curiosité presque purement intellectuelle. J'ai du mal a expliquer, à définir cette sensation, cet état d'esprit.

J'ai donc posé ma main entre les cuisses de N., et l'ai doucement massé jusqu'à l'érection. Il n'a rien dit. Simplement, sa respiration est devenue plus courte, et son bras s'est serré un peu plus fort autour de mes épaules. J'ai déboutonné son pantalon et ouvert sa braguette, et refermé mes doigts autour de son sexe rigide. Je l'ai masturbé avec lenteur. Je sentais la peau de son pénis coulisser souplement sur la hampe tendue et dure qu'elle recouvrait.

Lorsque ses hanches ont commencé à accompagner le mouvement de ma main, je me suis laissée glisser contre lui et l'ai pris dans ma bouche. Ma main continuait à le branler tandis que mes lèvres et ma langue faisaient leur office autour de son gland. Il a poussé un bref gémissement lorsqu'il s'est répandu dans ma bouche. Je l'ai bu et ai reposé ma tête sur sa cuisse, consciente seulement de sa respiration laborieuse qui reprenait peu à peu son rythme normal.

Curieusement, je ressentais un intense sentiment de calme et de plénitude, sans ressentir d'excitation ou de désir. N. a voulu me caresser à son tour, mais j'ai gentiment repoussé sa main. Je n'avais ni envie ni besoin de plaisir pour moi-même. C'est la première fois de ma vie que je me trouvais dans un état d'esprit aussi étrange, moi d'habitude si avide d'accueillir le plaisir.

Je me suis levée, puis ai embrassé N. sur la joue. Le plus curieux, c'est qu'il ne semblait ni choqué, ni frustré de ma réaction, ni étonné par celle-ci. Il m'a juste rendu un tout aussi chaste baiser, et m'a regardée avec un sourire très doux peint sur le visage.

Je suis rentrée chez moi le coeur plein de cette étrange complicité. J'ai éprouvé le besoin d'écrire le récit de cette soirée si bizarre. Je vais me coucher avec, toujours, au fond de moi cette absence de désir mêlée d'une curieuse plénitude. Comme si j'avais joui dans ma tête, au lieu d'avoir joui dans mon ventre. Je ne puis expliquer cela.

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