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22.08.2007

Réveil.

7da6edb5ccff07b98cd7240f7bc3bbaa.jpgUne rame de métro. Odeurs de transpiration et de parapluies mouillés.
Je me rends à une réunion, dossiers sous le bras. Pas grand monde en cette fin de vacances dans les transports en commun.
Je suis assise, mal réveillée et vaguement maussade, une humeur qui revient à la charge régulièrement depuis cette rupture que j'ai du mal à surmonter.

Et c'est là qu'il entre. Un officier de la Marine Nationale, superbe dans son uniforme d'été.
Vous ne saviez pas qu'un de mes plus grands fétiches, ce sont les hommes en uniforme? Vous le savez, maintenant.

En une milliseconde je me sens comme Nicole Kidman dans 'Eyes Wide Shut'. La bouche sèche, les entrailles changées en un océan de feu liquide. Tous les indicateurs hormonaux coincés dans le rouge.
Je jette des regards dérobés au fantasme sur pattes debout à quelques mètres de là. A côté de moi, deux jeunes étudiantes font de même, en échangeant des messes basses, gloussant et se tortillant un peu.
Je ne suis pas la seule dans ce métro à avoir envie de grimper au grand mât du gars de la Marine.

Le beau militaire a remarqué le manège, bien entendu. Son visage hésite entre l'amusement et une pointe d'exaspération. Il doit avoir l'habitude, je suppose.

Il descend un arrêt avant moi. Vision fugitive des épaules carrées et d'un fort joli petit cul moulé dans le pantalon bleu marine.

Ma raison même est prise entre les mâchoires d'un étau d'acier chauffé à blanc. Heureusement que j'ai un bon quart d'heure d'avance avant mon rendez-vous, histoire de reclasser tous mes neurones surchauffés par ordre alphabétique. C'est pas au point de filer aux toilettes pour prendre un rendez-vous d'urgence avec mon index droit, mais c'est quand même limite.

Une conclusion s'impose: je vais un peu mieux. Enfin, je crois. Mon esprit a beau continuer à errer inutilement parmi les débris informes qui sont tout ce qui reste de mon amour perdu, ma libido est en train de refaire surface. En fait, voilà quelques mois que les fantasmes qui ont toujours peuplé mon imaginaire ont repris leurs droits, même si je m'obstine à les repousser. J'ai toujours eu cette tendance oscillant entre masochisme et mélodrame, qui consiste à me complaire dans mes chagrins d'amour plus de temps qu'il n'est nécessaire.

Toujours est-il que Mère Nature est en train de reprendre ses droits.

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